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LA TROISIÈME SEMAINE DE TRAVAIL  SUR LA FINALISATION DE LA STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DE LA RIZICULTURE DE LA GUINÉE 

En Guinée, le riz constitue la base de l’alimentation de la population. Sa production a considérablement augmenté, passant de 1 465 700 tonnes en 2008/2009 à 2 340 000 tonnes en 2017/2018. Cette augmentation de la production est principalement due à une augmentation des superficies et des rendements. Cependant, il convient de noter que malgré ces bonnes performances, la production de riz local ne répond pas aux besoins de la population. Le déficit est comblé par les importations. Ces importations sont passées de 261 000 tonnes en 2010 à 604 000 tonnes en 2017.

Pour inverser cette tendance, la Guinée envisage de développer une deuxième génération de SNDR qui permettra au pays d'atteindre l'autosuffisance en riz. C’est dans ce contexte que s’est déroulée, du 1er au 5 juillet 2019, la troisième semaine de travail qui a réuni les principaux acteurs de la chaîne de valeur du riz. L’objectif de cette semaine de travail était de finaliser le projet de SNDR-II principalement à travers l’élaboration du plan d’action et du cadre logique, de la détermination du coût de la stratégie, des risques, des impacts et surtout de la stratégie mettre en œuvre pour la durabilité des actions. 

 

 

 

Résultats clés 

En termes de résultats, il convient de noter que les participants ont élaboré le projet de SNDR-II qui constitue le cadre de référence de toutes les interventions publiques pour le développement du secteur rizicole. Son élaboration a suivi une approche participative impliquant tous les acteurs clés.

L’objectif de cette stratégie est de produire près de 5 millions de tonnes de paddy. À cette fin, la production de paddy se fera sur une superficie cumulée de 1 442 858 ha, dont 200 000 ha de riziculture irriguée, 220 000 ha de bas-fonds et de mangrove et 1 014 286 ha de riziculture pluviale. Il est également prévu de promouvoir l’accès aux intrants (semences, engrais, fertilisants, etc.) par la subvention de 24 046 tonnes de semences améliorées. Pour ce qui est des engrais et des produits phytosanitaires, les quantités estimées pour atteindre les objectifs du SNDR-II sont 72 000 tonnes d’urée, 145 000 tonnes de NPK et 3 000 000 litres d’herbicides. Pour ce qui est de l’amélioration à l’accès des machines et aux équipements agricoles, l’accent sera mis d’une part sur l’accès à la propriété et d’autre part l’accès à la prestation (service de prestation privé). La production de paddy sera transformée grâce à l’implantation de 1 263 unités de transformation moderne. Pour terminer le circuit de distribution et de commercialisation sera amélioré à travers l’appui à la réalisation d’infrastructures de commercialisation, la mise à norme des infrastructures de stockage et la définition d’un label de riz.

D’un coût global d’environ 1,412 milliards de US$, son financement sera assuré par l’Etat, les partenaires techniques et financiers, les ONG et associations de développement, les communautés à la base et le secteur privé. Sa gouvernance sera assurée par une unité chargée de la coordination de la filière qui devra être créé.  

La mise en œuvre de la stratégie aura des impacts dans le développement socio-économique du pays. En effet, sur le plan économique avec la stratégie on notera une augmentation de la couverture des besoins de consommation de riz de l’ordre de 122 % à l’horizon 2030 et permettra d’améliorer la balance commerciale en procurant des gains de devises équivalents à 700 millions de US$.  Par ailleurs, le secteur privé sera fortement impliqué et près de 1000 nouvelles unités de transformation (toute taille confondue) seront créées en plus de celles déjà existantes. Enfin, près de 300 000 nouveaux emplois seront créés dans la filière au profit majoritairement des jeunes et des femmes.

La stratégie retenue pour une durabilité des actions mises en œuvre repose principalement sur : (i) la concentration de l’Etat sur son rôle régalien, (ii) une plus grande implication du secteur privé dans la chaine de valeur riz et (iii) une approche par la demande sous-tendu par une contractualisation des acteurs de la filière.

 Actuellement, de nombreuses initiatives en cours ou en formulation permettront la mise en œuvre rapide de la nouvelle stratégie. L'examen des projets dans le secteur montre qu'il y a 21 projets dont 9 projets en cours pour un montant de 20,52 millions de dollars, 6 projets en phase de lancement pour un montant de 268 millions de dollars et 6 projets en négociation pour un montant de 39,5 millions USD. 

L'analyse de la répartition des projets en fonction des différents segments de la chaîne de valeur du riz montre que 57% des projets concentrent leurs activités sur la production, la transformation et le renforcement des capacités. En outre, Il en est de même pour 72% des projets en démarrage. De plus, l'analyse indique que 35% des projets sont mis en œuvre dans la zone prioritaire de la SNDR-II à savoir la Basse Guinée.

Le projet de SNDR-II sera soumis pour avis et observations aux membres du Comité Directeur de la CARD et aux Partenaires techniques et financiers avant l’organisation d’un atelier de validation national. Tout ce processus devra être finalisé avant octobre 2019 afin de permettre au Secrétariat de la CARD démarrer son appui pour l’élaboration des notes conceptuelles.