Benin, June 2026 (French version)

Seconde Semaine de Travail sur la révision de la SNDR au Bénin

 
La Définition d’une nouvelle feuille de route stratégique pour aller vers l’autosuffisance en riz au Bénin
 

Du 15 au 21 juin 2026, Grand Popo a accueilli la deuxième semaine de travail intensifs consacrés à la révision de la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture (SNDR) du Bénin. Forts des enseignements tirés des phases précédentes, ces échanges de haut niveau ont réuni agriculteurs, chercheurs, responsables gouvernementaux et partenaires internationaux tels que JICA et le projet de la Banque islamique de développement, dans le but de tracer l’avenir rizicole du pays.

L’objectif de cette rencontre était d’élaborer la première version de la SNDR3, avec des ambitions fortes : produire un million de tonnes de riz d’ici 2030,  soit la moitié de la demande nationale actuelle (18% en 2025), et atteindre l’autosuffisance en riz d’ici 2035.

Pour concrétiser cette vision, plusieurs stratégies ont été définies : promouvoir la riziculture irriguée à travers la réalisation de 50 000 hectares d’aménagement tant pour la maîtrise totale de l’eau (20 000ha) que pour la maîtrise partielle (30 000 ha), moderniser les unités de transformation et renforcer la compétitivité via la mise au norme et/ou la réalisation de nouvelles infrastructures, la promotion d’un riz de qualité et la réduction des coûts. La gestion de l’eau occupera une place centrale, avec la promotion de systèmes d’irrigation à maîtrise partielle de l’eau à travers l’aménagement des vallées intérieures, afin d’assurer une disponibilité immédiate de l’eau de production pour les agriculteurs, en attendant la réalisation de projets plus ambitieux. Le plan mise également sur l’autonomisation des producteurs par la formation, la mécanisation et des subventions ciblées, tout en renforçant la gouvernance du secteur grâce à une meilleure régulation, plus de transparence et une autonomie financière accrue.

Le financement, estimé à près de 800 milliards de FCFA, repose sur une mobilisation des ressources provenant du gouvernement, du secteur privé et de mécanismes innovants de financement climatique.

La nouvelle SNDR, fruit d’une expérience enrichie, privilégie la résilience des systèmes de production et l’engagement du secteur privé, dans une démarche pragmatique alignée sur les objectifs régionaux : réduire de 15 % les importations de riz d’ici 2030 et atteindre l’autosuffisance en 2035.

Avant sa validation officielle prévue en décembre, la stratégie sera d’abord partagée avec les hautes autorités du ministère de l’Agriculture. Par la suite, une révision du programme de développement à moyen terme (PNDF-Riz)[1] sera engagée, ainsi que l’organisation d’une table ronde nationale sur l’investissement rizicole et une revue annuelle de la filière riz, afin de sécuriser les financements nécessaires à la mise en œuvre à court terme (PANIR)[2].

 

[1] Programme National de Développement de la Filière Riz)

[2] Plan d’action National d’Investissement dans la fiière riz